Masturbation féminine : les techniques pour prendre du plaisir

Masturbation féminine : les techniques pour prendre du plaisir

En 1970, selon le rapport Simon, seulement 19% des femmes admettaient se masturber. En 2021, l'Observatoire européen de la sexualité féminine relevait 78% des Françaises. Ce bond est vertigineux, et il dit quelque chose d'essentiel : le plaisir féminin sort enfin de l'ombre. Alors si vous vous posez des questions sur la masturbation féminine, bienvenue dans un espace sans jugement.

Masturbation féminine : commencer par (vraiment) connaître son anatomie

Difficile de se faire du bien si on ne sait pas avec quoi on travaille. Le clitoris est l'organe le plus sensible du corps humain : il possède un gland, un capuchon, et des branches internes qui entourent littéralement les lèvres de la vulve. Autrement dit, la surface de jeu est bien plus grande qu'on ne l'imagine. Prenez un miroir, observez, localisez. Ce n'est pas bizarre, c'est du bon sens.

Beaucoup de femmes pensent que la pénétration est obligatoire pour se masturber. Pas du tout. La stimulation externe du clitoris suffit à procurer du plaisir à la majorité des femmes, sans rien introduire. Certaines frottent leurs lèvres, massent l'ensemble de la vulve, d'autres se frottent contre un oreiller ou la couette à travers leurs sous-vêtements. Il y a même des femmes qui atteignent l'orgasme uniquement en stimulant leurs mamelons. Tout le corps peut être érogène : le cou, derrière l'oreille, l'intérieur des cuisses.

Julia Pietri, créatrice du compte Instagram Gang du clito et autrice du Petit guide de la masturbation féminine aux éditions Livre de Poche, a rassemblé plus de 6000 témoignages de femmes sur leurs pratiques. Ce chiffre montre à quel point les expériences sont variées et légitimes. Aucune n'est la norme. La vôtre non plus, et c'est très bien.

Techniques et positions pour analyser son plaisir en solo

femme orgasme plaisir solitaire

Passons aux choses concrètes. Les techniques varient selon les anatomies et les sensibilités. Certaines femmes aiment appuyer fort, tapoter le clitoris, voire se pincer légèrement. D'autres préfèrent des effleurements doux, des cercles lents ou des allers-retours. Voici quelques approches populaires :

  • Le mouvement circulaire : tracer des petits cercles autour du clitoris, en variant la pression.
  • Le tapotement : tapoter délicatement le gland clitoridien pour une stimulation plus intense.
  • Le humping : se frotter contre un oreiller ou un coussin, habillée ou non.
  • La stimulation sous la douche : diriger le pommeau vers le clitoris, avec un jet adapté.
  • Le full finger : utiliser plusieurs doigts pour couvrir toute la zone vulvaire.

La position change vraiment la donne. Sur le dos, sur le ventre, sur le côté, assise ou même accroupie : les muscles du périnée se contractent différemment selon la posture, ce qui modifie les sensations. Anne, 25 ans, confie qu'elle prend davantage de plaisir sous la douche ou allongée dans le bain. Gabrielle, 31 ans, change de position pour simuler le Kamasutra... mais en solo. Résultat : des sensations inédites à chaque fois.

N'oubliez pas le lubrifiant. Marie, 27 ans, dit que ça a tout simplement doublé son plaisir. Qu'il soit chaud, frais ou neutre, le lubrifiant réduit les irritations et intensifie les caresses. Il existe aussi en pharmacie, sans ordonnance. On vous recommande chaudement de tester.

La respiration, enfin, mérite qu'on s'y arrête. Beaucoup de femmes bloquent inconsciemment leur souffle à l'approche de l'orgasme, ce qui le freine. Respirer lentement et profondément amplifie les sensations et aide à atteindre ce fameux point de non-retour.

Le rôle du mental (et des sextoys) dans la masturbation féminine

Le cerveau reste le premier organe sexuel, sans discussion. Le désir naît dans la tête avant de descendre ailleurs. Construire un fantasme, visualiser un scénario, laisser l'imagination fonctionner librement : voilà le vrai travail. Sarah, 30 ans, lance une vidéo érotique pour nourrir ses rêveries. Kim, 33 ans, a découvert le plaisir anal d'abord en couple, puis seule avec un plug. Emilie aime envoyer des nudes avec son chéri lorsqu'ils sont à distance.

L'autocensure est souvent le frein numéro un. On bloque ses propres pensées parce qu'on les juge immorales. Le conseil : commencez par des scénarios facilement acceptables, penser à votre partenaire par exemple, puis laissez-vous aller progressivement. Si l'imagination peine à démarrer, des supports existent : littératures érotiques, podcasts sensuels, masturbation guidée audio. L'ouvrage Jouissance Club, une cartographie du plaisir de June Plä, publié aux éditions Marabout, offre aussi une stratégie graphique et bienveillante.

Type de sextoyUsage principalPoint d'attention
Stimulateur clitoridienStimulation externePrivilégier le silicone médical
VibromasseurZones multiplesÉviter les plastiques avec phtalates
Œuf de yoniStimulation interne douceMatériaux naturels recommandés
Plug analStimulation analeToujours avec du lubrifiant

Choisir un sextoy de qualité, c'est un investissement, pas une dépense. Certains plastiques bon marché contiennent des phtalates, des perturbateurs endocriniens qui ne devraient jamais être au contact des muqueuses. Solange, 33 ans, a opté pour un canard vibrant et change de vitesse, lentement puis très rapidement. Elle ne regrette rien. Il existe des accessoires BDSM qui stimulent le désir aussi.

Dernier point, et pas des moindres : ne pas aimer la masturbation est tout à fait normal. Certaines femmes n'atteignent jamais l'orgasme, d'autres n'ont du plaisir que d'une façon précise, et d'autres encore n'apprécient tout simplement pas la pratique. Si l'absence de plaisir vous préoccupe, une consultation avec une sexologue, notamment via la plateforme Mia.co (disponible 7 jours sur 7 par téléphone, messagerie ou vidéo), peut ouvrir des pistes concrètes. Prendre soin de sa sexualité, c'est prendre soin de soi.


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